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Bachelière ratée ou futée

Le mal du siècle, celui qui empêche l’atteinte du bonheur est sans contredit l’idée du paraître au lieu d’être. Enfant, on nous fait croire que le bonheur est dans l’accumulation des médailles, des biens, des honneurs. Loin de mener au bonheur, c’est souvent l’opposé qui se produit.

Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, mais je m’exprime selon ma vérité. Amoureuse de la vie, j’ai eu la chance de naître le bonheur au cœur. Et pourtant, je me suis laissé piégée. Jeune et naïve, j’ai suivi la route qu’on m’avait proposée. Pas totalement, j’en conviens, car mon petit côté non-conformiste prenait le dessus…

Mais la bonne fille, celle qui désirait plaire et faire le bien dans le monde, n’a pas pris le temps de se poser les bonnes questions. En fait, ce n’est pas vrai. Je me les suis posées, mais on a tenté de me dissuader de mes intentions profondes : vivre le bonheur dans la simplicité d’ÊTRE au lieu de PARAÎTRE. Et comme si cela ne suffisait pas, j’ai choisi d’étudier en Éducation. J’allais devenir une enseignante qui ferait la différence dans la vie des jeunes. Mais qui dit enseignante, dit école. Et qui dit école, dit règles à suivre… Ouf ! Je devais être un modèle pour mes élèves. Pas évident lorsqu’on est non-conformiste et bohémienne dans l’âme.

Déterminée et humaniste, j’ai réussi à jouer avec les règles. J’admirais secrètement mes élèves qui me défiaient et qui ne voulaient pas se conformer. Je leur disais en éclatant de rire : « Toi, tu iras loin dans la vie. » Les voir me sourire, l’air heureux de mon commentaire. Aujourd’hui, ce qui me rassure, c’est que j’ai gardé contacts avec certains d’entre eux.

J’ai démissionné, car je ne pouvais plus supporter l’idée d’enseigner dans un système qui valorisait la performance, la compétition, la course effrénée… Si on apprenait aux enfants, dès leur plus jeune âge, à conjuguer le verbe ÊTRE au lieu de PARAÎTRE, je suis convaincue qu’il y aurait moins de frustration, de souffrance et de dépression… La liberté d’ÊTRE soi-même n’a pas de prix tant elle est précieuse.

J’ose espérer, qu’un jour, vous aurez l’audace de dessiner, d’écrire, de chanter l’œuvre d’art qui se cache en vous. Ajoutez-y les couleurs qui vous parlent et qui vous inspirent. ÊTRE l’artiste de sa vie, ça fait de la magie !

Moi, j’ai choisi de ren’ÊTRE simplement pour mon plus grand bonheur.

plume solitaire

Josée, La plume solitaire
Québec, Canada

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Un commentaire

  1. Josée, quel beau témoignage !
    Je me suis surprise également à rêver d’un système d’enseignement qui rapprocherait les enfants de leur nature propre et non qui les obligerait à coller à un modèle unique.
    Etre dans la différence. Chacun de nous apporte ses compétences et nous nous complétons.

    Et pourquoi pas leur apprendre aussi à écouter l’univers, à ressentir notre terre et à apprendre les plantes qui soignent.
    et aussi, compter, lire et écrire évidemment.

    Si chacun ressentait le droit de vivre et d’ETRE tel qu’il est, la bienveillance prendrait le pas sur la frustration. Et nos peurs s’évaporeraient.

    Merci encore Josée pour ce beau témoignage.

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