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Le sentiment de culpabilité, ça vous parle ?

Le sentiment de culpabilité

Comment faire de sa culpabilité un atout précieux pour se transformer ?

Le sentiment de culpabilité m’a accompagnée de nombreuses années. J’ai réalisé un jour, à la suite d’un travail thérapeutique, qu’il m’avait empêchée pendant longtemps d’oser être moi-même, de prendre des décisions qui me correspondaient, de dire non tout simplement lorsque j’étais en dehors de mes limites… Et du coup, j’ai compris qu’il m’avait enfermée dans une existence qui ne me correspondait pas vraiment.

N’avez-vous jamais eu cette sensation soudaine que vous avez bâti votre vie, que vous avez fait des choix un peu en fonction des autres, pour ne pas « leur faire du mal » ou les décevoir ?

Le choix, par exemple, quand vous étiez étudiants, pour ne pas inquiéter vos parents, de partir en école d’ingénieur au lieu de suivre les cours Florent ? Ou alors accepter une réunion importante à 19h00 pour ne pas embarrasser votre patron alors que deviez partir en weekend ? Ou bien ne pas quitter votre conjoint avec qui vous n’êtes pas bien depuis des années pour ne pas lui « faire mal » , à lui et à vos enfants ?

Tous ces choix sont faits à l’encontre de nos envies afin de ne pas nous sentir coupables vis-à-vis de parents, conjoints, enfants, patrons. Coupable de quoi d’ailleurs ? Car en fait, on voit bien que ces fautes sont imaginaires : Est-ce que je nuis vraiment à mes parents en choisissant une orientation professionnelle qui me passionne ? Est-ce que j’enfreins les règles de l’entreprise en refusant une réunion si tardive le vendredi soir ? Est-ce que je nuis vraiment à mon conjoint en mettant fin à une vie commune qui n’a plus de sens, ni pour lui, ni pour moi puisque je ne l’aime plus? Est-ce que je porte préjudice à mes enfants en choisissant d’être en cohérence avec moi-même et de stopper une souffrance inutile, alors que c’est justement ce message que je veux leur transmettre ?

Or ces fautes « imaginaires » peuvent générer en nous un malaise, une angoisse, un mal-être qui nous empêchent, de réaliser nos rêves, de prendre une décision importante ou tout simplement de vivre la vie qu’on a envie de vivre !

Mais nous devons admettre aussi que nous commettons parfois, intentionnellement ou pas, des fautes « réelles », qui nuisent à autrui et il est plutôt bénéfique alors de ressentir un sentiment de culpabilité pour réparer ce que nous avons fait , nous remettre en cause et ne plus recommencer.

Que la faute soit imaginaire ou réelle, le sentiment de culpabilité peut gâcher une vie entière à ressasser des « je n’aurais pas dû ! » « si seulement j’avais fait  ! », peut impacter fortement notre confiance en nous, créer des blocages, générer des maladies psychosomatiques surtout s’il reste enfoui, nié, non identifié et si l’on ne fait rien pour le dépasser.

Que faire quand on se sent coupable d’un acte ou d’une parole qui n’est pourtant pas répréhensible mais génère en nous blocages et angoisse ?

La première chose à réaliser est que le sentiment de faute « imaginaire» a pour origine première nos croyances. Les identifier est vraiment une étape primordiale pour sortir de ce sentiment de culpabilité.

Elles sont ancrées en nous, souvent depuis longtemps. Au cœur de notre culture, de notre histoire, de nos rencontres. Elles sont parfois connues, parfois totalement inconscientes. Elles ont été ou sont encore alimentées par :

  • Notre éducation familiale : « Tu dois faire des études d’ingénieur, sinon tu seras au chômage ! » ou bien « Les grands garçons ne pleurent jamais ! » ou bien, la phrase qui fait beaucoup de dégâts « Si tu veux qu’on t’aime il faut être gentille avec tout le monde ! »
  • Notre éducation religieuse : « tu ne dois pas te séparer de ton mari sinon tu commets un pêché » ..ou alors « nous sommes tous des pêcheurs »
  • La presse, les photos dans certains magasines : « Les jolies femmes et désirables sont exclusivement jeunes et maigres » (et on connait les dégâts que cela fait chez les adolescentes ou les femmes accros à la chirurgie esthétique)
  • Le monde de l’ entreprise : « si tu veux réussir, il ne vaut mieux pas partir à 17h00 le soir ! »

« Culpabilité et peur sont les deux ennemis du présent ». Christian Godefroy Bardili

Une fois que vous les avez identifiées, vous pouvez aisément faire le lien entre ces croyances, qui ont participé à votre construction, et les fautes que vous croyez ainsi commettre. La croyance ancrée d’une Ève à l’origine de l’expulsion de l’humanité hors du paradis terrestre (c’est bien elle qui a convaincu Adam de manger la pomme, n’est ce pas ?) n’est sans doute pas étrangère au fait que les femmes ont des tendances naturelles à culpabiliser, certainement plus que les hommes, comme si elles portaient tout le temps, au travail, à la maison, avec leurs parents, etc…, la responsabilité du bonheur ou du malheur de leur entourage.

sentiment de culpabilité by kai StachowiakLe sentiment de culpabilité peut aussi être apparu, lors de l’enfance, à cause d’un parent culpabilisateur. Souvent l’histoire commence là : un enfant entend des phrases comme « C‘est ta faute si maman ne trouve pas de travail ! » « Tu rends papa malheureux, tu sais, en me ramenant un tel bulletin scolaire ! », ou bien, quand l’enfant devient un jeune adulte « Ah bon, tu laisses maman seule ce soir et tu sors avec tes copains… Ça me rend
malheureuse, c’est sûrement que tu ne m’aimes pas !
» Ces mots vont résonner en lui longtemps et le pousseront, plus ou moins consciemment, à adopter des comportements qui ne créeront plus l’occasion d’entendre à nouveau ces phrases : il aura d’excellentes notes et résultats professionnels, jusqu’à faire un burn-out, il ou elle sera l’esclave de sa maman toute sa vie, jusqu’à mettre sa propre vie entre parenthèse (j’ai plusieurs exemples de ce type autour de moi).

Le culpabilisateur a l’art de projeter sa propre culpabilité ou ses peurs sur l’autre afin de ne surtout pas les regarder en face.

J’ai moi-même culpabilisé mon fils lorsqu’il avait de mauvaises notes à l’école parce que cela me renvoyait à ma propre peur de l’échec et du jugement. Comme si cette note me sanctionnait, jugeait de ma capacité de réussite, comme si elle indiquait que j’avais raté quelque chose dans son éducation. D’ailleurs, on dit « ramener une mauvaise note ! »… On « ramène » une note à ses parents. Intéressant, non ? Or une note ne devrait être qu’un repère du niveau d’assimilation d’une connaissance et ne devrait être là que pour aider l’enfant à travailler d’avantage certaines matières qui ne sont pas comprises ou l’orienter vers des métiers plus appropriés pour lui. Au lieu de cela, la note devient un enjeu, un jugement, une sanction et souvent un sujet de conflit permanent dans une famille. On réprimande, on punit son enfant pour de mauvais résultats, au lieu d’être son allié et d’essayer de comprendre ce que cette note veut dire : A-t-il une difficulté dans la compréhension du sujet ? Pourquoi n’est-il pas motivé ? Comment l’aider ? Et combien d’adultes sont aujourd’hui des ex-culpabilisés par les mauvaises notes, qui orientent leur vie entière à réparer cette « faute » ? Ils peuvent devenir ces « employés modèles », ces cadres surbookés en quête de reconnaissance et de « bons points » donnés par leur patron.

Devenu adulte, on peut rencontrer aussi des culpabilisateurs (le conjoint, le patron, parfois son propre enfant). Ces derniers ont bien compris nos croyances, identifié notre faille d’enfant, notre culpabilité sur certains sujets et ils vont s’en servir comme d’un formidable outil de manipulation pour leur permettre de ne pas se remettre en question. Une femme à qui l’on a répété inlassablement « Sois gentille avec tout le monde, sinon on ne t’aimera pas ! », a un certain risque de rencontrer un mari culpabilisateur et de se faire manipuler, sans jamais se révolter contre lui, par exemple, même si celui-ci est violent.

Là aussi, il est important de regarder dans son entourage, s’il n’y a pas quelqu’un, qui continue à enfoncer le clou, qui nous remet systématiquement dans le rôle du fautif ; et il faut essayer de se libérer de ces relations nocives ou au moins de ne plus se laisser prendre à ce jeu.

Comment se libérer de la culpabilité si l’on a commis une faute réelle qu’on regrette amèrement ?

On a tous et toutes, un jour ou l’autre,

  • Commis, sous le joug de nos émotions négatives (comme la colère, la jalousie, l’orgueil…), des actes nuisibles ou proféré des paroles blessantes à l’encontre de quelqu’un,
  • Causé des torts par non-respect d’une consigne ou d’une règle (provoquer un accident en brûlant un feu rouge par exemple),
  • Omis de dire ou de faire quelque chose d’important, en sachant qu’en ne le faisant pas, on pouvait nuire à l’autre.

Heureusement que nous culpabilisons ! Sinon, nous referions la même chose, sans possibilité de réparer.

Une femme d’une quarantaine d’années était venue me demander de l’aide car elle venait de perdre sa mère, aveugle, après une longue maladie. Elle m’a avoué avoir été très peu à ses côtés, malgré la demande de sa maman, à cause de son activité professionnelle trop prenante, sa grande famille (elle a 4 enfants), la distance à parcourir pour aller la voir, etc… Après sa mort de sa mère (et beaucoup de reproches de ses sœurs), elle a développé un tel sentiment de culpabilité qu’elle a fait une grosse dépression et s’est coupée de toute sa famille.

Nous avons alors travaillé sur les 3 axes suivants :

L’acceptation de sa faute

Dire oui, je l’ai faite, j’ai nui à ma mère, même si mon intention n’était pas de le faire. Oui, j’accepte le fait que j’ai fait une erreur. Je n’étais pas là et elle et mes sœurs avaient besoin de moi .
Cette acceptation lui a permis de reprendre contact avec ses sœurs, en leur exprimant ses regrets mais aussi son envie forte de les revoir.

L’ancrage dans le présent

Bien sûr, sa mère étant décédétenir un journal e, elle ne pouvait plus rien lui dire directement. Mais je lui ai conseillé d’écrire une lettre, en lui demandant pardon, en lui disant qu’elle avait réalisé son erreur, en lui disant qu’elle l’aimait profondément. Cette lettre, qu’elle a cachetée mais gardée précieusement, lui a fait un bien énorme, l’a délivrée d’un énorme poids et lui a permis elle-même de se pardonner.

Réparer symboliquement cette faute

Je l’ai faite ensuite réfléchir sur la possibilité de réparer symboliquement cette faute. Comment tirer profit de cette expérience pour d’autres personnes ? Comment transformer cette faute en quelque chose de bénéfique ? Elle n’y avait pas pensé, persuadée que sa maman étant morte, elle ne pouvait plus réparer. Elle a eu alors une idée géniale : elle s’est inscrite dans une association où elle enregistre aujourd’hui des livres audio pour aveugles. Elle adore ce qu’elle fait, s’est rendue compte qu’elle avait une superbe voix et prend maintenant des cours de théâtre pour être conteuse ! Je trouve cette histoire incroyable car son action de « réparation » l’a amenée à découvrir une partie d’elle-même qu’elle n’avait jamais soupçonnée.

Ainsi son sentiment de culpabilité l’a amenée à se transformer, sans fuir sa faute mais au contraire en la sublimant ! C’est souvent le cas, lorsqu’on l’accepte et lorsqu’on reste dans le présent au lieu de ressasser le passé. Au lieu de « Pourquoi j’ai fait ça, je n’aurais jamais dû ! » c’est dire « Qu’est-ce que je peux faire de cela maintenant pour améliorer le monde autour de moi ? ».

Ainsi, les étapes proposées sont les suivantes :

  • Regarder, accepter sa faute, ne pas la laisser se nicher au fond de soi parce qu’on ne veut pas la voir : même si elle est cachée, elle est là, toujours présente et elle vous empoisonnera la vie. Pour la regarder, sortez là de vos tripes, écrivez une lettre, prenez un carnet, avouez-vous tout ce que vous ressentez par rapport à cette faute (honte, angoisse, etc…)
  • Demander pardon à la personne à qui vous avez nui. Sincèrement, du fond de votre cœur, et même si c’est 20 ans après. Cet acte est important, il vous libérera ainsi que la personne qui vous pardonnera. Si la personne n’est plus là, si elle est décédée ou refuse de vous voir, écrivez-lui une lettre que vous pouvez envoyer juste symboliquement.
  • Réparer, si c’est faisable, les conséquences de la faute directement, soit réaliser des choses bénéfiques pour d’autres personnes, en souvenir de cette expérience. Le fait d’avoir vécu et souffert de cette culpabilité vous donnera des atouts certains pour aider des gens dans le même cas que vous.

En conclusion

Le sentiment de culpabilité est un frein… bénéfique pour la société quand il nous empêche d’enfreindre la loi ou de nuire à quelqu’un d’autre ; plutôt néfaste quand il est basé sur des actes, des paroles ou même des pensées, non répréhensibles par une quelconque loi, mais que nous condamnons à cause de nos croyances.

Dans les 2 cas , il ne faut pas le laisser s’installer, inspirer nos actions et diriger notre vie. Au contraire, il faut prendre conscience que ce sentiment, peut devenir une vraie opportunité pour se transformer : s’ouvrir à de nouvelles opportunités, développer sa bienveillance vers autrui, identifier et supprimer ses croyances ainsi que fuir les relations toxiques.

Pour y réussir :

  • Il faut lui faire face et accepter que vous ne changerez jamais le passé. La solution se trouve dans ce que vous faites maintenant avec elle.
  • N’hésitez pas à vous faire aider par un coach ou un psychothérapeute. Vos progrès seront plus rapides, plus profonds.

Partagez vos expériences, sur notre blog ou ailleurs. N’oubliez jamais que vous avez toutes les capacités en vous pour modifier votre situation, pour transformer votre vie. Personne d’autre ne le fera à votre place.

Venez juste récupérer la petite étincelle pour pouvoir démarrer cette belle aventure.

An-Sofie Green

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An-Sofie Green

Auteure, chroniqueuse et animatrice
Experte en conduite de changement
Consultante en développement personnel

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